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Risque climat : enjeux et solutions pour les entreprises

03-05-2022 - par Alice Perretta

 

La biodiversité est au cœur du fonctionnement des écosystèmes. De nombreuses activités économiques en dépendent directement : l’agriculture, la pêche, le tourisme. Selon une étude, 40 % de notre économie dépend de la nature.

Cela fait maintenant plusieurs décennies que la biodiversité subit des perturbations liées en grande partie au notre modèle économique, au progrès technique et aux activités humaines. Les écosystèmes dont nous dépendons sont en péril et ne sont donc plus en capacité de fournir les ressources naturelles nécessaires à nos activités. 

“Les contributions de la biodiversité et de la nature [...] sont le fondement de notre alimentation, de l’eau potable et de l’énergie. Elles sont au cœur non seulement de notre survie, mais de nos cultures, de nos identités et de la jouissance de la vie. Nous devons agir pour arrêter et inverser l’exploitation non durable de la nature.” 

Sir Robert Watson, Président de l’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques)

Aujourd’hui, la tendance s’inverse et de nombreuses mesures sont mises en place pour éviter les répercussions sur la biodiversité.

Ecosystème, service écosystémique, biodiversité… : quelle différence ?

 

Le terme d’écosystème regroupe un ensemble d’êtres vivants en interaction avec leur environnement.

La notion de service écosystémique désigne les apports et avantages apportés par ces écosystèmes : aliments, eau, régulation du climat et des maladies, pollinisation des cultures, formation des sols…

Quant à la biodiversité, elle englobe l’ensemble des espèces et écosystèmes. Vous l’aurez donc compris, les altérations de la biodiversité jouent un rôle important dans la fourniture des services écosystémiques. C’est la raison pour laquelle il faut à tout prix la protéger.

Il y a bien du chemin à faire : les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture :

- “Les sols abritent un quart de la biodiversité de la planète et pourtant 20-30 % des terres sont dégradées”

- “3/4 des espèces cultivées dans le monde produisant des fruits et graines destinées à l’alimentation humaine dépendent en partie voire en totalité des pollinisateurs.”

- Leur bénéfice économique est estimé à 265 milliards d’euros.

 

Quel est le rôle des services écosystémiques sur la société ?

L’approvisionnement : les écosystèmes permettent de s’approvisionner en eau douce, en nourriture ou encore en bois…

La régulation : la régulation des processus permet une meilleure qualité de l’eau et de l’air, la lutte contre les épidémies ou encore la fertilité des sols…

Le soutien : il s’agit par exemple de donner des espaces de vie aux végétaux et aux animaux ou encore de permettre la diversité des espèces…

La culture : les écosystèmes apportent également des avantages non matériels comme la joie de faire une activité en plein air, la beauté des paysages ou encore le bien-être spirituel…

Ces services apportent de nombreux avantages comme l’amélioration de la qualité de vie (nourriture, matières premières pour les logements, composants pour des médicaments…) mais aussi la contribution à l’économie.

 

Quels sont les risques économiques liés à l’effondrement de la biodiversité ?

Selon une étude de l’IPBES,  75 % des milieux terrestres et 66 % des milieux marins ont été sévèrement dégradés par l’Homme. A l’heure actuelle, 1 million d’espèces sont menacées d’extinction.”

Le changement climatique a engendré une perturbation généralisée de tous les écosystèmes dans le monde entier et a conduit à la perte de nombreuses espèces

D’après le GIEC, si nous continuons comme ça, un tiers des espèces pourrait disparaître d’ici 2070. C’est notamment le cas des récifs coralliens si le seuil des 1,5°C est franchi.

Or, l’activité économique dépend de la biodiversité pour approvisionner les entreprises et génère des emplois, aujourd’hui menacés par la dégradation des écosystèmes.

Par exemple, le secteur agricole et alimentaire dépend fortement de la capacité de ces écosystèmes à produire des végétaux et animaux mais aussi de la formation et de la composition des sols…

Les risques varient selon les secteurs. Voici quelques exemples de secteurs à haut risque :

- Le secteur de la construction et notamment du bâtiment : pollution des chantiers, déconstruction en fin de vie, consommation d’énergie, risque lié à l’érosion des sols, submersion…

- Le secteur de l’énergie : utilisation et dégradation des terres, énergies fossiles, pollutions sonores, risques d’événements climatiques extrêmes… 

Pour prévenir ces risques, les entreprises devront innover en changeant leurs modèles de production industriels et agricoles.

Quelles solutions pour protéger la biodiversité ?

A l’échelle globale

Le rapport du GIEC fournit des recommandations concrètes pour tenter de limiter la dégradation de nos ressources naturelles et protéger les écosystèmes

Les experts insistent notamment sur l’interdépendance entre climat et biodiversité : les deux enjeux sont intimement liés et indissociables. Les actions mises en place pour restaurer les écosystèmes permettent également de ralentir le réchauffement climatique

C’est notamment l’objectif des “solutions fondées sur la nature”, définies par l’UICN comme : “des actions visant à protéger, gérer de manière durable et restaurer des écosystèmes naturels ou modifiés pour relever directement les défis de société de manière efficace et adaptative, tout en assurant le bien-être humain et en produisant des bénéfices pour la biodiversité”.

Inversement, les experts du GIEC constatent des effets négatifs sur la biodiversité lorsque les actions sont orientées directement et uniquement vers l’atténuation du réchauffement climatique, sans tenir compte de la biodiversité.

La bonne nouvelle ? l’Office français de la biodiversité (OFB) a lancé en 2020 le projet ARTISAN (“Accroître la Résilience des Territoires au changement climatique par l’Incitation aux Solutions d’adaptation fondées sur la Nature”). 

Financé à 60 % par la Commission Européenne, celui-ci devrait permettre la mise en œuvre d’une centaine d’actions pour développer des solutions en faveur de la biodiversité avec des co-bénéfices pour le climat et les hommes.

Face à l’urgence climatique, la réglementation a été renforcée et de nombreuses stratégies ont été déployées au niveau national. Les enjeux concernés ? La biodiversité, la déforestation, les aires protégées, l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole, l’économie circulaire et le gaspillage ou encore la finance durable

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter le site de l’Agenda 2030 qui détaille les actions mises en place en France pour préserver et restaurer les écosystèmes terrestres (#ODD15).

 

A l’échelle des entreprises

Les acteurs économiques peuvent eux aussi prendre des initiatives pour protéger la biodiversité. Comment ? En procédant par étapes !

Avant toute chose, il est essentiel d’évaluer les impacts de l’entreprise sur la biodiversité : ils évoluent d’un secteur à l’autre. C’est la première étape qui va permettre de prioriser les actions (et les lieux) où il est le plus urgent d’agir et définir un périmètre.

L’entreprise peut ensuite agir, d’abord en évitant ses impacts au maximum ; puis en les minimisant et ensuite, à travers la mise en place de mesures pour régénérer et restaurer les écosystèmes de manière durable. La dernière étape consiste à transformer et adapter son modèle économique sur toute la chaîne de valeur.

 

Sources : Finance for Tomorrow, Novethic, Ecologie.gouv

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