Mais aussi ...
Connexion

Zei

Le numérique est-il un nouveau défi pour l’écologie ?

02-10-2017 - par Myrtille Serre

Un univers numérique sans conséquences notoires était une illusion. Si ce monde dématérialisé paraît invisible, ses effets sur l’environnement sont pourtant bels et bien réels.

 

Et ils sont pervers. « Le secteur informatique équivaudrait aujourd’hui à 7% de la consommation mondiale d’électricité », selon le rapport Clicking Clean publié le 10 janvier 2017 par Greenpeace. Et ces chiffres ne sont pas à prendre à la légère puisque si aujourd’hui seulement 40% de la population mondiale a accès à Internet, le nombre d’objets connectés et de ses utilisateurs devrait augmenter en flèche d’ici peu. En somme l’alimentation de cette infrastructure jouera un rôle de taille dans la transition énergétique, au cœur du débat actuel.

 

Des déchets matériels bien présents dans l’environnement

 

L’abondance d’équipements technologiques laisse aujourd’hui une empreinte environnementale de taille. Selon le rapport « La face cachée du numérique » publié en mai dernier par l’Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie (ADEME), la fabrication d’un ordinateur équivaut à l’utilisation de 240 kg de combustibles fossiles, 22 kg de produits chimiques et 1,5 litres d’eau. Mais en plus de la pollution occasionnée pour sa conception, le secteur des nouvelles technologies produit une quantité importante de déchets physiques. D’autant plus que du fait de leur composition, ces derniers sont difficilement recyclables et seraient particulièrement toxiques.

 

Le « cloud » : un nouvel enjeu pour l’écologie ?

 

 Disposer d’un accès illimité en tout temps et en tout lieu de nos données via divers terminaux est aujourd’hui possible grâce à ce nuage virtuel dénommé le « cloud ». Cette gigantesque mémoire informatique permet de ranger, de protéger et de partager les informations numériques. Elle est alimentée par des « data centers », abritant une multitude d’ordinateurs, qui stockent et gèrent les données en consommant une quantité impressionnante d’électricité. Extrêmement énergivore, la source d’énergie d’où provient l’électricité que le « cloud » consomme doit ainsi être finement analysée par les entreprises afin de tendre vers l’idéal d’un Internet « 100% renouvelable ».

 

Ici, LOLA : le datacenter décentralisé et eco-responsable dédié aux services web de demain

 

Une instrumentalisation positive de cette révolution internet est-elle la solution “verte”?

 

Pousser les acteurs du numérique à s’investir dans la cause environnementale : c’est le défi de taille que s’est lancé Greenpeace. En effet, depuis 2009, l’organisation cherche à implanter le chemin du 100% énergies renouvelables pour alimenter les infrastructures numériques ainsi que les centres de données. En évaluant les performances énergétiques des géants du web, Greenpeace tente d’imposer l’utilisation d’énergies vertes dans l’alimentation électrique. Si Facebook, Apple et Google étaient les premières entreprises high-tech à s’être engagées, vingt autres ont emboité le pas récemment. Parmi elles : IBM, Microsoft et Amazon. Néanmoins, le géant du streaming vidéo, Netflix, est fermement pointé du doigt. Malgré de nombreuses mises en garde, cette plateforme continuerait d’alimenter le streaming avec des énergies fossiles.

 

Pallier pollution numérique et la croissance verte ?

 

Aucune solution miracle n’a, pour l’instant, été trouvée pour faire face à la « tech-pollution ». Néanmoins, certaines actions émergent doucement. Parmi elles : la signature de l’ « Initiative globale pour la e-durabilité » (la Globale e-Sustainibility initiative) en 2003 par la PNUE, Union Internationale des télécommunication, le WWF et d’autres multinationales, telles que Bell et British Telecom. Leur objectif premier est ainsi de placer la croissance verte au cœur de leur activité. En somme, utilisé de manière responsable, le numérique est source de nombreuses promesses positives pour l’environnement. Catalyser croissance économique et innovation avec le développement durable est aujourd’hui possible en s’armant des bons outils et des bons comportements. Le but étant de favoriser une activité économique florissante avec une utilisation durable des ressources naturelles et des gains d’efficience dans la consommation d’énergie.

 

Et les utilisateurs dans tout ca ? Ont-ils une part de responsabilité ?

 

Dans cette même logique, Greenpeace encourage une série de comportements des consommateurs qui seraient « responsables » et « vertueux ». A savoir : diminuer la taille des pièces jointes envoyées via mail, vider de manière régulière sa corbeille et autres mails envoyés. Quant aux visionnages de films ou de vidéos : les regarder en basse définition consommerait quatre à dix fois moins d’énergie qu’une lecture en haute qualité graphique. Similairement, l’ADME met en garde contre des usages et des services qui sont en évolution permanente. Par exemple, le e-commerce devrait favoriser la livraison via des points relais. Sur les blogs et réseaux sociaux: il est important de faire un tri régulièrement en effaçant les contenus datés.

 

 Les avantages de ce passage au numérique doivent impérativement se mêler aux défis écologiques de demain. Fort de l’union de toutes les parties prenantes, un monde Web à la hauteur des enjeux environnementaux est aujourd’hui possible. Il suffit simplement que l’ensemble des acteurs concernés s’en donnent les moyens.

Derniers articles